La logique de l’escargot,
correspondance itinérante

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Correspondance itinérante à travers la France et l’Europe alliant l’écriture, l’image et le son
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Livre:
correspondances d'Anne Calas
CD:
paysage sonore: 
texte et voix d'Anne Calas,
création sonore d'Alain Lafuente
vidéo: Camille de Galbert
prix 29€ / 430 pages / dimensions 16 x 22 cm
paru en septembre 2011 aux éditions Jannick

disponible aux Presses du Réel 
 disponible en librairies

Un protocole artistique

Le déroulement de cette correspondance itinérante est placé entre ces deux pôles que sont la règle et l’aléa. La règle constitue le cadre qui va permettre à l’aléa de prendre toute sa mesure. Plus la règle est définie clairement, plus l’espace de l’inconnu peut s’y développer. J’ai donc établi un protocole que je respecte scrupuleusement et qui consiste en un certain nombre d’actes à poser, d’outils à emporter. Je sais d’où je pars, où je vais, le lieu où je dois dormir, ce que j’emporte et à qui je dois écrire. Mais je ne sais jamais, par définition, ce que je vais trouver. Mes voyages se déroulent selon la distance à parcourir, entre 4 et 5 jours. Ma lettre-objet doit être postée du lieu dans lequel je me rends et toujours d’un bureau de poste. Je ne peux donc quitter les lieux que lorsque ma lettre est partie. Sachant que le maximum de mon séjour est de cinq jours, cette contrainte m’impose un certain rythme. Ce rythme induit une dynamique dans l’écriture et la fabrication, et en même temps m’amène à laisser advenir les événements, les rencontres qui vont nourrir mon imaginaire sans lequel la lettre ne sera pas. À être en creux. Ainsi va se développer le processus de création. Les choses, les trouvailles ou leur absence vont peu à peu s’associer les unes aux autres à la manière des cadavres exquis. La règle impose un état de tension que je dois tenir entre le vouloir faire et le laisser faire. C’est parfois une navigation périlleuse qui peut générer une certaine anxiété que je dois savoir canaliser pour avancer et m’abandonner à la jouissance de la découverte.

Des carnets de voyage polymorphes

Mes lettres, de simples missives, se sont transformées au fil des étapes de véritables lettres-objets dont la poésie plastique complète celle des mots. La couture, le dessin, les jeux graphiques, ou des installations miniatures racontent mes recherches, mes doutes, mes rencontres. Je collecte lors de chaque voyage des photographies et des enregistrements. Matière visuelle et sonore parfois utilisée dans l’immédiat pour les besoins d’une lettre, elle est également revisitée dans un second temps. Quarante paysages sonores, correspondant aux étapes, sont notamment composés à partir de ces enregistrements.


  20 arrondissements    20 villes    20 correspondants


Paris et ses 20 arrondissements

Paris est la ville où je vis. C’est en quelque sorte ma ville d’adoption. La forme de la ville où je vis m’intéresse. Je suis et je vis à l’intérieur de cette forme-là.
L’organisation de cette ville en 20 arrondissements évoque une spirale, ou encore une coquille d’escargot. J’aime la forme de la spirale. Elle est inspirante et aspirante. Elle est universelle. J’aime aussi l’escargot, animal lent et discret, nomade et casanier qui se montre autant qu’il se cache et se déplace constamment sans jamais quitter sa maison. J’aime ce paradoxe. J’aime les maisons en ce qu’elles constituent des repères. J’aime aussi le nomadisme que j’ai vécu comme comédienne et qui est à nouveau présent dans ce parcours comme une forme d’errance physique et mentale.

extraits :  Paris VIe  /  Paris XIXe


Vingt villes

Ce projet consiste dans un premier temps en un parcours dans Paris, de son centre jusqu’à sa périphérie, puis dans le même mouvement, cette spirale initiale est poursuivie au-delà, dessinant un itinéraire en France et à l’étranger dont Paris reste le centre. Ce parcours compte 20 destinations : Reims, Le Havre, Lille, Autun, Nantes, Stratford-upon-Avon, Amsterdam, Montreux, Bergerac, Ouessant, Göttingen, Biella, Albi, Liverpool, Lourdes, Cork, Berlin, Prague, Venise, St Florent.
Il s’agit pour moi, partant du centre de cette spirale parisienne, de cheminer vers la périphérie et de tenter de découvrir, tout en éprouvant la question de la lenteur, comment la périphérie me ramène au centre et me renvoie à nouveau vers l’extérieur dans un mouvement perpétuel. Autrement dit, comment je sors de moi, de mon centre, de mon intérieur, pour aller vers l’extérieur, vers l’Autre. Et comment ce parcours d’altérité me ramène inévitablement à moi. Il s’agit aussi de chercher des traces et de laisser des traces, visibles ou non, sonores, écrites, et de tenter de découvrir comment la forme d’une ville peut s’inscrire profondément dans un parcours humain, a fortiori lorsqu’elle est organisée dans une forme aussi archaïque que la spirale qui fait immanquablement penser au nombre d’or.

extraits : Lille  /  Autun  /  Prague


Vingt correspondants

Ce parcours associe vingt personnes avec lesquelles j’entretiens une relation particulière et qui se sont engagées à répondre à mes lettres. Écrivains, plasticiens, poètes, musiciens, comédiens, commissaires d’exposition, ou encore amis investis ou sensibles à l’expression artistique, ils sont invités à poursuivre une correspondance inventive, à nouer un dialogue créatif. Le parcours comprenant quarante étapes, ils reçoivent deux lettre. La première leur est envoyée d’un arrondissement de Paris, la deuxième d’une ville située sur le parcours.

correspondants : Jean Michel Alberola, Serge Le Borgne, Albertine de Galbert, François Barré, Antoine de Galbert, Isabelle Mayereau, Alain Klingler, M, Claude Paccard, Denis Bernet-Rollande, Cédric Marchal, Henry Torgue, Harry Bellet, Françoise Deslande, Olivia Basset, Ann Hamilton, Jacques Semelin, Jean de Loisy, Arnaud Hollard, Nicole Denimal, Yves di Manno, Kossi Efoui, Evelyne S, Camille de Galbert, SG, Marc Dachy.

extraits : François Barré / Marc Dachy / Albertine de Galbert / Arnaud Hollard / Isabelle Mayereau


La restitution du parcours en deux temps

Comment sortir, ou la logique de l’escargot est un projet au long cours. Conçu autour de l’échange, de la rencontre, il trouve logiquement sa finalité dans son rendu public, qui passe par la lecture des lettres et de leurs réponses, la publication des images et l’écoute des paysages sonores.

La logique de l’escargot a été restituée dans un livre publié par les éditions Jannink, paru en septembre 2011. Le livre reproduit l’intégralité des lettres d’Anne Calas et de ses correspondants, et est accompagné d’un CD sur lequel on retrouve les collaborations artistiques occasionnées par le projet (paysages sonores et vidéos). La publication du projet est soutenue par la Direction du Courrier de La Poste.
Dans la continuité de ce soutien, une exposition à l’Adresse / Musée de La Poste reviendra sur le parcours de La logique de l’escargot, de février à mai 2013.

L’exposition retrace l’expérience qui a nourri cet ouvrage témoin de rencontres et d’échanges avec des correspondants. Elle invite aux voyages dans le temps et l’espace.
L’auteur a consacré plus de trois ans à réaliser puis rassembler quarante échanges épistolaires. Le voyage par étapes successives entrepris par Anne Calas consiste à écrire d’abord de Paris, puis de province et de l’étranger, à vingt correspondants et à recueillir les réponses de chacun d’eux. Le tracé du périple prend la forme d’une spirale née au coeur de la capitale et achevée à Ajaccio, d’où le titre La Logique de l’escargot.

En projet : dans le prolongement de cette exposition à l’ADRESSE/ Musée de La Poste, une exposition itinérante associant les habitants des différents lieux concernés pourrait revenir sur les traces du parcours initial, dans les différents arrondissements de Paris, puis en France et en Europe.
Le dispositif d’exposition s’inspirerait de la forme en coquille évoquée par La logique de l’escargot. Conçue par le plasticien Arnaud Hollard, la structure d’exposition gonflable, légère et démontable viendrait habiter l’espace de la ville.

Simulation de l’installation au CENTQUATRE, image d’Arnaud Hollard

Articulée en deux spirales qui s’enroulent autour d’une zone centrale, la visite s’organise en trois parties. Les spirales d’entrée et de sortie présentent les lettres, photographies et vidéos organisées par étapes. Des audioguides permettent d’écouter les paysages sonores composés à partir d’enregistrements faits à chaque étape. L’espace central est dédié plus spécifiquement à l’arrondissement ou la ville où l’exposition itinérante est installée. Les interventions réalisées en amont par des habitants (particuliers, établissements scolaires, maisons de retraites…) y sont présentés sous forme d’un montage de leurs images, lettres et témoignages. Leurs contributions s’articulent autour des problématiques abordées dans le projet: développer une correspondance écrite, établir un dialogue ouvert sur l’espace urbain qui est le leur, afin de l’appréhender avec un regard neuf.